dimanche 23 avril 2017

histoire des auto-mitrailleuses de l'empire Russe - 2 - Charron Girardot Voigt 1906

L'auto-mitrailleuse C.G.V 1906 (ou Nakashidze-Charron pour la Russie) et le mythe Nakashidze:

The armored car C.G.V 1906 (or Nakashidze-Charron for Russia) and the Nakashidze myth:




En France :

La compagnie Charron Girardot Voigt (du nom des trois fondateurs) est associée à la création de l'un des premiers véhicules de combat blindés de l'histoire. En effet, en 1902, une voiture de tourisme de la marque se voit flanquée d'une baignoire ouverte blindée à 3 mm en place des passagers arrière et comprenant une mitrailleuse Hotchkiss mod.1901 approvisionnée à 2470 coups. Ce véhicule est testé au camp de Chalons les 30 juin et 1er juillet 1903 par l'armée française qui ne donne pas suite. Il faut préciser que le véhicule a été présenté comme ébauche d'une future automobile de guerre, ce qui signifie que la firme C.G.V a déjà prévue le futur modèle 1906.

In France :

The Charron Girardot Voigt company (named after the three founders) is associated with the creation of one of the first armored combat vehicles in history. In fact, in 1902, a passenger car of the mark was equipped by an open bathtub structure 3 mm armored in place of the rear passengers seats and including a Hotchkiss machine gun mod.1901 supplied with 2470 shots. This vehicle was tested at the Chalons camp on 30 June and 1 July 1903 by the French army, whithout success. It should be noted that the vehicle was presented as a draft of a future war car, which means that C.G.V has already planned the future model 1906.




La C.G.V modèle 1902 (source: internet)

Pendant ce temps, les autres pays européens se lancent aussi dans la conception d'automobiles blindées, et la branche austro-hongroise de la firme allemande Daimler développe la Daimler 1905 qui a la particularité d'être totalement blindée avec l'arme en tourelle rotative.

Meanwhile, the other European countries are also engaged in the design of armored cars, and the Austrian-Hungarian branch of the German firm Daimler develops the Daimler 1905 which has the particularity of being totally armored with the weapon in a rotating turret .


la daimler 1905 (source: internet)


Les ingénieurs français de la firme C.G.V vont dans le même sens et les travaux sur une nouvelle auto-mitrailleuse débutent en 1904 sous la direction du major d'artillerie de marine (r) Paul Alexis Guye. Le véhicule choisi est une voiture de tourisme 30 puis 35CV totalement blindée à 6 mm avec une mitrailleuse Hotchkiss mod.1901 approvisionée à 2470 coups sous tourelle rotative.

The French engineers of the firm C.G.V are going in the same direction and the work on a new machine-gun begins in 1904 under the direction of Naval Major (R) Paul Alexis Guye. The vehicle chosen is a passenger car and then 35CV fully shielded at 6 mm with a Hotchkiss mod.1901 machine gun supplied at 2470 rounds under a rotary turret.



En Russie :

Dans le même temps, en Russie, un officier de l'armée impériale, le prince géorgien Mihail Aleksandrovich Nakashidze s'intéresse aussi aux automobiles. Il publie d'ailleurs en 1902 un ouvrage : « l'automobile, son importance économique et stratégique pour la russie ».


In Russia :

At the same time, in Russia, an officer of the imperial army, the Georgian prince Mihail Aleksandrovich Nakashidze is also interested in automobiles. In 1902, he published a book entitled "The automobile, its economic and strategic importance for Russia".


couverture du livre de Nakashidze (source: internet)


Rapidement, Il ajoute donc à son service militaire une activité d'entrepreneur en s'associant avec deux partenaires (le comte Potoki et le colonel Golovin) et fonde en 1902 à Varsovie le « grand garage international d'automobiles » dont le but est d'importer des véhicules de l'étranger. Il s'adresse particulièrement aux constructeurs français (à noter que le nom du garage est en Français et que les constructeurs français sont parmi les pionniers de l'automobile de l'époque) et passe des accords avec Panhard-Levassor, De Dion-Bouton, Mors etc..Quelques temps plus tard, devant le succès de l'entreprise, il se retire de la vie militaire. Malheureusement, la guerre russo-japonaise qui débute en janvier 1904 le contraint à s'engager et il y reçoit un commandement dans le 7ème régiment de cosaques sibériens en Mandchourie.

He quickly added to his military service an entrepreneurial activity by partnering with two associates (Count Potoki and Colonel Golovin) and founded in 1902 in Warsaw the "grand garage international d'automobiles" whose aim was to Import vehicles from abroad. It is particularly interested in French manufacturers (note that the name of the garage is in French and that the French manufacturers are among the pioneers of the automobile at that time) and made agreements with Panhard-Levassor, De Dion-Bouton , Mors etc. A few times later, before the success of the company, he retired from military life. Unfortunately, the Russo-Japanese war which began in January 1904 forced him to engage and he received a command there in the 7th regiment of Siberian Cossacks in Manchuria.


le « grand garage international d'automobiles » à Varsovie (source: internet)


Il faut alors lire l'article du figaro du 09/04/1915 pour comprendre la suite : (voir en fin l'article in extenso et sa discussion). Cet article permet d'infirmer ou de confirmer certains faits que l'on trouve ici ou là selon les sites internets. Pour d'autres faits cela reste supposé.

One must read the article of the french newspaper the Figaro of 09/04/1915 to understand the continuation: (see the article in extenso and its discussion at the end). This article can confirm or invalidate certain facts that are found here and there according to the websites. For other facts this is presumed.


Malgré tout, le prince maintient son activité commerciale dans l'automobile par l'intermédiaire de ses associés à Varsovie. C'est alors que Fernand Charron décide de proposer au commandant en chef des armées de Mandchourie sa voiture blindée. Celui-ci délègue le prince Nakashidze, grand promoteur de la motorisation dans l'armée impériale pour en discuter les détails. Après une réunion à Moscou et une discussion sur les différentes caractéristiques de l'engin, six voitures sont commandées dont deux sans tourelle. Contacté, le département de la défense russe, refuse l'achat du véhicule mais accepte de prendre à sa charge le transport et la maintenance par un ingénieur français de C.G.V. Nakashidze pense alors utiliser son auto-mitrailleuse en Mandchourie contre les japonais pour convaincre l'état-major russe.



Nevertheless, the prince maintains his commercial activity in the automobile through his associates in Warsaw. It was then that Fernand Charron decided to propose his armored car to the commander-in-chief of the armies of Manchuria. The latter delegates Prince Nakashidze, a great promoter of the motorization in the imperial army to discuss the details. After a meeting in Moscow and a discussion on the different features of the vehicle, six cars are ordered including two without turret. Contacted, the Russian defense department, refuses the purchase of the vehicle but agrees to assume responsibility for transport and maintenance by a French engineer of C.G.V. Nakashidze then thinks of using his machine-gun in Manchuria against the Japanese to convince the Russian headquarters.


Malheureusement, peu de temps après, la Russie est contrainte de signer une paix humiliante avec le Japon suite à la défaite de Port-Arthur. L'état-major russe refuse donc l'envoi de l'auto-mitrailleuse vers l'est et propose de la tester à St-Petersbourg. Or, Nakashidze, sûr de son succès avait commandé six exemplaires supplémentaires soit douze exemplaires en tout qui commencent à être assemblées. Le prototype de la donc nommée C.G.V 1906 est terminé puis présenté et testé le 10 février 1906 à Puteaux devant des personnalités de l'armée française et aussitôt expédié en Russie (les brevets n°363 712 et 363 713 du 13/02/1906 couvrent le système de coupole destiné à des pièces d'artillerie légère – pivot central pour le montage sur automobile et l'automobile de guerre). Il n'y aura donc qu'un véhicule qui arrivera à St-Petersbourg le 8 mars1906.


Unfortunately, soon after, Russia was forced to sign a humiliating peace with Japan following the defeat of Port-Arthur. The Russian General Staff refused to send the machine-gun to the east and proposed to test it around St. Petersburg. Nakashidze, sure of his success had ordered six additional copies, ie a total of twelve copies that were beginning to be assembled. The prototype of the so-called CGV 1906 was finished and then presented and tested on February 10, 1906 in Puteaux to personalities of the French army and immediately dispatched to Russia (patents Nos. 363 712 and 363 713 of 13/02/1906 cover The dome system for light artillery pieces - central pivot for assembly on the automobile and the war car). So there will be only one vehicle arriving in St-Petersburg on March 8, 1906.



la C.G.V présentée au ministre de la guerre Etienne avant expédition en Russie – février 1906 (source: internet)




la C.G.V 1906 à Puteaux (source: internet)

L'auto-mitrailleuse sera testée sur un raid St-Petersbourg – Oranienbaum – Couronnes (sud de St Petersbourg) avec tirs à l'école d'infanterie d'Oranienbaum. Dans l'ensemble, la commission reconnaît que les tests se sont déroulés avec succès et que le véhicule peut être utile dans la reconnaissance, les communications, le combat de cavalerie et la poursuite de l'ennemi en retraite mais aussi que de sérieux handicaps (notament la faible manoeuvrabilité en tout-terrain) empêchent son utilisation en l'état. Nakashidze, ne se décourage pas et avec l'aide d'une campagne de presse acharnée et d'un lobbying féroce, se présentant même comme le directeur de la branche auto-mitrailleuses de la firme C.G.V, convainq l'état-major de continuer les tests à ses frais. Malgré tout, les conclusions de la seconde commission ne sont pas différentes de la première.

The armored car was tested on a St. Petersburg - Oranienbaum - Crowns (South of St. Petersburg) raid with shots at the Oranienbaum Infantry School. Overall, the Commission acknowledges that the tests have been successfully completed and that the vehicle may be useful in reconnaissance, communications, cavalry combat and pursuit of the enemy in retirement, but also serious handicaps ( Notably low maneuverability in off-road) prevent its use as is. Nakashidze, not discouraged and with the help of a fierce press campaign and lobbying, even posing as the director of the branch machine-gun CGV, convinq the staff to continue The tests at his own expense. Nevertheless, the conclusions of the second committee are not different from the first.











La C.G.V lors des tests en Russie (source: internet)

Nakashidze décide alors de se tourner vers le ministre de l'intérieur et président du conseil Stolypine, et prend rendez-vous pour le 12 aout 1906 sur  l'île d'Aptékarsky où celui-ci possède une résidence. Alors que Nakashidze attend d'être reçu, une explosion retentit. C'est un attentat terroriste qui vise Stolypine, mais celui-ci est indemne. Malheureusement, Nakashidze trouve la mort dans cet attentat et avec lui disparaissent toute chance de contrat pour son auto-mitrailleuse en Russie (certains pensent que ce rendez-vous était destiné à proposer son véhicule au ministère de l'intérieur dans des fonctions de police et de maintien de l'ordre).

Nakashidze then decided to turn to the Minister of the Interior and Chairman of the Council Stolypine, and made an appointment for 12 August 1906 on the island of Aptékarsky, where he had a residence. While Nakashidze is waiting to be received, an explosion sounds. It is a terrorist attack that targets Stolypin, but it is unharmed. Unfortunately, Nakashidze is killed in this attack and with him there is no chance of contracting for his armored car in Russia (some believe that this appointment was meant to propose his vehicle to the Ministry of the Interior in police and Law enforcement).



Pendant ce temps, l'usine de Puteaux construit les véhicules commandés

Meanwhile, the Puteaux plant is building the ordered vehicles



clichés de la chaine de montage des voitures daté de Février 1906 (source: internet)

Les six machines déjà construites et commandées par Nakashidze lui-même sont donc envoyées en Russie mais les autorités russes qui ne se sont pas engagées à les acheter les bloquent à la frontière avec l'Allemagne puis les renvoient en France. La firme C.G.V cherche après leur retour à les vendre, même au rabais, et l'armée allemande se porte acquéreur pour deux véhicules (une inconnue réside sur le fait que ces deux voitures aient été achetées par les Allemands durant le transit avant le retour en France ou après), les autres restant en France où ils sont mis au garage. En 1914, à la déclaration de guerre, ils sont réquisitionnés par le ministère de la guerre. Ces voitures seront utilisées par un quartier général d'armée dans un rôle de transport (quartier général de la 4e Armée française du Général de Langle de Cary) et l'une par le corps de cavalerie Sordet.


The six machines already built and ordered by Nakashidze himself are therefore sent to Russia but the Russian authorities who have not assumed to buy them block them on the border with Germany and then send them back to France. CGV seeks after their return to sell them, even at a discount, and the German army buys for two vehicles (an unknown fact lies in the fact that these two cars were bought by the Germans during the trip before returning to France or after ), The rest remaining in France where they are put in a garage. In 1914, at the declaration of war, they were requisitioned by the Ministry of War. These cars will be used by an army headquarters in a transport role (headquarters of the 4th French Army of General de Langle de Cary) and one by the Sordet cavalry corps.

La C.G.V du quartier général de la 4e Armée française du Général de Langle de Cary (source: internet)


La firme C.G.V cherche bien à se faire payer de sa commande mais les autorités russes arguent du fait que cette commande a été engagée par un particulier et donc ne concerne pas le gouvernement lui-même.
C.G.V se remettra bien vite de cette affaire car la publicité sur cette auto-mitrailleuse rendra la firme connue dans toute l'europe et jusqu'aux Etats-Unis (voir le n° d'avril 1906 de popular mechanics).


The firm C.G.V seeks to get paid for its order but the Russian authorities argue that this order was initiated by an individual person and therefore does not concern the government itself.
C.G.V will soon recover from this affair because the advertisement on this machine-gun will make the firm known throughout Europe and even in the United States (see April 1906 issue of popular mechanics).


N° d'avril 1906 de popular mechanics (source: internet)

affiche anglaise de 1914 présentant la CGV comme anglaise (source: internet)

L'unique voiture restée en Russie sera retestée en octobre 1907 puis reversée au district militaire de St-
Pétersbourg où elle sera démentelée, le chassis servant pour d'autres usages et le blindage servant à des tests de résistance aux tirs d'infanterie.

The only car left in Russia will be retested in October 1907 and then donated to the military district of St-
Petersburg where it will be Dismantled, the chassis used for other purposes and the armor used for tests of resistance to infantry fire.



En Allemagne :

Dans tous les cas l'armée allemande se retrouve avec deux auto-mitrailleuses qu'elle va intensivement tester, les renommer « panzerautomobil CGV modell 1909 » et que l'on verra ensuite en photo lors de manœuvres en 1909 dans l'organigramme de la 5ème brigade d'infanterie de la garde. Plus tard ces deux véhicules prendront part à la défense de la prusse orientale contre l'armée russe dans les premières semaines de la guerre.

In Germany :

Anyway, the German army recovered two armored cars, which it intensively tests, renaming them "panzerautomobil CGV modell 1909" . One Will see them on a photo during maneuvers in 1909 in the organization chart of the 5th Infantry Brigade of the Guard. Later these two vehicles took part in the defense of Eastern Prussia against the Russian army in the first weeks of the war.




La C.G.V 1906 aux couleurs allemandes (source: internet)


Description technique :

mise en marche par l'intérieur du compartiment
pneumatiques : diamètre 135 mm pleins qui permettent 10 min de roulage même après preforation par balle. Roues en bois protégées par un disque de métal
Moteur 4 cylindres Vitesse 45 km/h sur route et 30 sur terrain varié. Autonomie 600 km avec réservoir de 120 litres d'essence
franchissement : pente 25 %, gué 60 cm.
Poids 2,9 T
deux projecteurs dont un de combat protégé au centre.
Pare-brise relevables et plaques éclipsables sur les portières
sur les côtés, deux rails de franchissement
prix 80000 francs (soit l'équipement en fusils lebel de tout un régiment d'infanterie)


Technical description :

Start-up from inside the compartment
Pneumatic : diameter 135 mm, full which allow 10 min of rolling even after bullet shot. Wooden wheels protected by a metal disc
4-cylinder engine Speed 45 km / h on road and 30 on varied terrain. Autonomy 600 km with tank of 120 liters of gasoline
Crossing: slope 25%, ford 60 cm.
Weight 2,9 T
Two projectors, one of which is protected in the center.
Folding windscreen and retractable panels on doors
On the sides, two crossing rails
Price 80000 francs (in fact the same price as the equipment with lebel rifles of an entire infantry regiment)

intérieur de la tourelle (source: internet)






croquis tirés du dépot de brevet de la CGV 1906 (source: internet)


Sources :
divers sites internet,
wikipedia,
Gallica,
le journal le Figaro du 09/04/1915 donne une interview de Fernand Charron lui-même
journal le temps,
journal le petit parisien,
revue la vie au grand air

Faits et légendes: le mythe Nakashidze

On trouve sur de nombreux sites des faits qui sont controversés, par exemple le fait que les Allemands aient subtilisés deux voitures durant leur transfert, le fait que ce soit le prince qui ait fait dessiner les voitures, qu'il ait été directeur de la branche auto-mitrailleuses de la firme C.G.V, que les Allemands aient modifié les voitures, etc...
D'autre part, le prince Nakashidze semble selon l'histoire officielle Russe être présenté comme le directeur de la branche auto-mitrailleuses de la firme C.G.V. On appelle d'ailleurs ces auto-mitrailleuses Nakashidze-Charron en Russie. Il parle aussi de "notre" usine, commande d'autres voitures sans en référer à quiconque, attitude curieuse, probablement aussi attiré par le profit qu'il y aurait à faire avec la fourniture à la Russie d'auto-mitrailleuses, C'est pourquoi il semble mettre autant de fougue à vendre ces voitures.

L'article du Figaro permet d'infirmer ou de confirmer certains faits que l'on trouve ici ou là selon les sites internets. Pour d'autres faits cela reste supposé.



L'article du Figaro du 09/04/1915 :

« En 1905, la guerre de Manchourie battait son plein. En lisant les comptes-rendus, j'eus l'idée d'écrire au général commandant les armées russes pour lui proposer de lui fabriquer des voitures de guerre blindées. Quelques jours après, je recevais un télégramme de Manchourie ainsi conçu: - « Reçu proposition pour voiture de guerre. Trouvez vous à telle date, à telle adresse, muni de pouvoirs pour traiter de la construction et des conditions. Signé : prince Nakashidze » - Girardot et moi, à la date et à l'heure indiquées, nous trouvions à Moscou le signataire de la dépêche. Un officier jeune, charmant, intelligent, muni de pleins pouvoirs du général en chef des armées de Mandchourie. En dix heures exactement, tout fut arrangé. Nous lui exposâmes le plan que j'avais conçu ; on lui soumit les dessins ; de son coté il apporta ses idées, et le soir même nous repartions, lui pour la Mandchourie, et Girardot et moi avec un contrat de six voitures blindées dont quatre avec coupole et leur mitrailleuse et deux pour le transport des munitions et du trésor de guerre. »
Nous nous mîmes aussitôt à l'oeuvre. Nous avions justement comme collaborateur un commandant d'artillerie, qui mit au point certains détails techniques pour le maniement de la coupole tournante. Le creusot, mis à contribution pour les plaques de blindage, nous aida de ses conseils pour le travail spécial de cet acier, et exactement quatre mois après, la première voiture de guerre procédait à ses premiers essais. Ils furent parfaits, nous étions ravis.
Dans la convention passée avec le gouvernement russe, il avait été convenu que nous n'avions le droit de vendre nos autos de guerre, du modèle accepté, qu'à la Russie et à la France. Je m'empressai donc de saisir le ministre de la guerre de la question.
J'obtins une audience du ministre de la guerre M. Etienne : je reçus le meilleur accueil ; il tint à examiner lui-même tous les détails de l'automobile blindé, s'en fit expliquer les mécanismes, l'essaya ouverte et fermée, et convaicu et enthousiasmé, il délégua tout aussitôt ( ? ) pour m'accompagner à l'artillerie de Puteaux où il devait nous rejoindre.
L'accueil à Puteaux fut réservé. Nous étions il est vrai en 1905 et une voiture blindée pouvait à cette époque sembler prématurée, une fantaisie de roman belliqueux. Toutefois quand le ministre fut arrivé, et qu'il eut prié les officiers d'examiner l'engin et son mécanisme, je dois à la vérité de reconnaître qu'ils se montrèrent fort attentionnés et satisfaits de leurs investigations.
Je présentai d'abord les échantillons de blindage, et les expériences faites à 60,80,100, et 200 mètres avec le fusil lebel. Je fis fonctionner les différentes fermetures de protection, qui mettent à l'abri les occupants, fermetures dont les commandes étaient à l'intérieur. Dès que la voiture arrivait dans la zone dangereuse, l'avant se fermait entièrement, mais grace à un dispositif spécial, le conducteur avait la vue libre ; il n'était gêné en rien pour la conduite du véhicule.
Intérieurement, la voiture était éclairée électriquement, car il fallait, en marche, pouvoir suivre la route sur la carte, surviller le graissage, ouvrir les boites des bandes à projectiles.
Le véhicule en ordre de marche ne dépassait pas 2700 kgs, la vitesse en palier de 50 km/h, sa moyenne était de 40 km/h.
A 60 m, la balle du lebel traversait le blindage mais restait inoffensive, à 150 m elle perçait sans traverser, à 200 m, elle s'applatissait. Tous les essais faits en Russie, avant l'expédition en Mandchourie avaient été d'ailleurs des plus satisfaisants, l'Empereur lui-même avait assisté aux expériences.
Il faut enfin que je note un incident étrange :
Les quatre premières automobiles blindées C.G.V arrivèrent en Russie sans encombre, mais les deux dernières s'égarèrent dans la traversée de l'Allemagne. Après un mois de réclamations dans toutes les directions, je priai mon ami et directeur commercial d'alors, Jacques Faure, de suivre la trace de ces deux voitures dans toutes les gares où elles avaient été signalées. Il connaissait à fond l'allemand et fort débrouillard, Jacques Faure retrouva à Berlin, dans un dépôt d'artillerie, les deux véhicules dont l'un était en partie démonté.L'ambassade russe fit une démarche, et, libérées de la curiosité allemande, les deux voitures furent dirigées en Russie. Les Allemands, pour s'excuser, prétendirent avoir exercé un droit absolu, les voitures ayant été déclarées comme automobiles ordinaires et non engins de guerre, ce qui était exact du reste. Les Allemands utilisèrent d'ailleurs profitablement leur indiscrétion et sans tarder mirent en construction les automobiles blindées dont l'étude ne leur avait pas couté cher.
Quelques temps après la visite faite à Puteaux et relatée plus haut, deux voitures blindées C.G.V étaient convoquées pour suivre les manœuvres de la Sarthe. Elles furent affectées au service d'artillerie, alors qu'elles étaient destinées au service des reconnaissances, ce pourquoi je les avais conçues. L'avenir a prouvé que mes amis et moi avions raison.
La première voiture de guerre fut exposée au salon de 1905 où elle eut un gros succès de curiosité. Seule une mission chinoise fut envoyée à la C.G.V.
Les deux voitures construites pour la France furent remisées dans un hangar pendant huit ans. Il fallut la guerre pour les en sortir...... »


Discussion :

  • Fernand Charron, directeur de la C.G.V a pris lui-même l'initiative de contacter l'état-major russe en Mandchourie (et non pas le ministère de la guerre) afin de lui proposer ces voitures. La demande ne vient donc pas du coté russe.
  • Celui-ci dépèche alors le prince Nakashidze pour négocier.
  • Mr Charron ne connait pas le prince vu la description qu'il en fait, on ne peut donc pas dire que le prince travaillait déjà pour C.G.V.
  • Il y a une réunion à Moscou où une discussion des plans entre les deux parties et selon certaines demandes russes permet d'afiner le concept de la voiture.
  • Un contrat de six voitures est signé dont DEUX SANS TOURELLE (à ma connaissance c'est la première fois que je vois cette information). Cela rappelle la photo des modèles allemands, ce qui laisse penser que l'allemagne a acheté un modèle avec et un modèle sans tourelle.
  • La sortie du modèle se fait quatre mois après (en fait le 10 février 1906) ce qui situe la réunion de Moscou en Octobre 1905 (dans un autre journal Fernand Charron donne la date du 04 Septembre 1905).
  • de nombreux sites notament russes disent que le prince a passé ces accords de lui-même sans l'assentiment des plus hautes autorités. Il faut rappeler que Mr Charron a contacté le général commandant les armées de Mandchourie, qu'il reçoit une réponse de Mandchourie, et qu'il rencontre un officier muni des pleins pouvoirs du général commandant les armées de Mandchourie, tout cela semble donc être passé par dessus les plus hautes autorités de défense du pays. Cela peut aussi expliquer l'attitude future de ces autorités quant à l'achat des six véhicules
  • L'on a enfin la confirmation de l'incident allemand, mais d'après ce que l'on comprend, il y a eu six voitures envoyées dont quatre sont arrivées, les deux saisies par les autorités allemandes sont restituées et renvoyées en Russie. Il semble donc que la Russie ait reçue le prototype en mars 1906 puis les six (quatre plus les deux saisies par les Allemands) à quelle date ? Qui seront refusées par les douanes russes. Cela n'infirme d'ailleurs pas que deux voitures aient été plus tard achetées par l'Allemangne à des fins de tests comme cela a été pratiqué par la France pour la Daimler 1905, même s'il n'y a pas eu achat.
  • Mr Charron parle de deux voitures construites pour la France ? (cela expliquerait les photos de montage de Février 1906 qui montre une voiture avec le numéro 8 – six pour la Russie et deux pour la France?) qui feront les manœuvres de la Sarthe avec le 4ème corps à l'automne 1906. Ces tests consistent à tirer sur une compagnie d'infanterie puis sur un escadron de dragons sans avertissement de part et d'autres. Les autorités militaires ne semblent pas enthousiasmées par le résultat. Il faut alors rappeler qu'il y a une controverse non pas sur l'utilité d'un véhicule qui porterait une arme mais sur l'utilité d'y apposer un blindage ou non. En d'autres termes, faut il construire des Charron 1902 ou des Charron 1906.


Facts and legends: the Nakashidze myth

There are controversial facts on many sites, such as the fact that the Germans had stolen two cars during their transfer, the fact that the prince had the cars drawn, that he was director of the branch Machine-guns of the firm CGV, that the Germans modified the cars, etc ...
The Prince Nakashidze seems according to official Russian history to be presented as the director of the branch armored cars of the firm C.G.V. These armored cars are also named Nakashidze-Charron in Russia. He also talks about "our" factory, ordering other cars without referring to anyone, curious attitude, probably also attracted by the profit that there would be with the supply to Russia of armored cars, This is probably why he seems to put as much passion to selling these cars.

The article of the Figaro makes it possible to invalidate or to confirm certain facts that one finds here or there according to the websites. For other facts this is presumed.



The article of the Figaro of 09/04/1915:

"In 1905, the Manchurian War was in full swing. As I read the reports, I had the idea of ​​writing to the commander-in-chief of the Russian armies, proposing him to make armored cars for him. A few days later I received a telegram from Manchuria thus conceived: "Received proposal for a war-car." Find yourself at such date, at such address, with powers to deal with the construction and conditions. Signed: Prince Nakashidze "- Girardot and I, at the date and time indicated, we found in Moscow the signatory of the despatch. A young, charming, intelligent officer, with full powers of the commander-in-chief of the armies of Manchuria. In exactly ten hours everything was arranged. We explained to him the plan I had conceived; The drawings were submitted to him; For his part he brought his ideas, and the same evening we set out for Manchuria and Girardot and I with a contract of six armored cars, four with dome and their machine-guns, and two for the transport of ammunition and war-treasure . "
We set to work at once. We had, as a collaborator, an artillery commander, who devised certain technical details for the handling of the rotating cupola. The creusot, which was used for the plates of armor, helped us with his advice for the special work of this steel, and exactly four months afterwards, the first warcar carried out its first tests. They were perfect, we were delighted.
In the agreement with the Russian government it had been agreed that we had no right to sell our cars of war, of the accepted model, except to Russia and France. I hastened to seize the question of the Minister of War.
I obtained an audience from the Minister of War M. Etienne: I received the best reception; He examined all the details of the armored car himself, made him explain the mechanisms, tried it open and closed, and convinced and enthusiastic, he immediately delegated (?) To accompany me to the " Artillery of Puteaux where he was to join us.
The reception at Puteaux was reserved. It was true in 1905 that an armored car could at that time seem premature, a bellicose novel fantasy. However, when the minister had arrived, and had begged the officers to examine the machine and its mechanism, I must admit that they were very attentive and satisfied with their investigations.
I first presented the shielding samples, and the experiments made at 60, 80, 100, and 200 meters with the lebel rifle. I operated the various protective fasteners, which protect the occupants, the closures whose controls were inside. As soon as the car arrived in the danger zone, the front was completely closed, but thanks to a special device the driver had a free view; He was not bothered in any way to drive the vehicle.
Inside, the car was illuminated electrically, for it was necessary, on the march, to be able to follow the road on the map, to oversee the lubrication, to open the boxes of the projectile bands.
The vehicle in running order did not exceed 2700 kgs, the speed in level of 50 km / h, its average was 40 km / h.
At 60 m, the ball of the lebel crossed the armor but remained harmless, at 150 m it pierced without crossing, to 200 m, it was flattened. All the attempts made in Russia before the expedition to Manchuria had been most satisfactory, and the Emperor himself had witnessed the experiments.
Finally, I must note a strange incident:
The first four armored cars of C.G.V arrived safely in Russia, but the last two lost their way across Germany. After a month of complaints in all directions, I begged my friend and commercial manager of that time, Jacques Faure, to follow the traces of these two cars in all the stations where they had been posted. He was thoroughly familiar with German and very resourceful. Jacques Faure found the two vehicles, one of which was partly dismantled, in Berlin, in an artillery depot. The Russian Embassy made a move, and, free from curiosity German, the two cars were directed to Russia. The Germans, to apologize, pretended to have exercised an absolute right, the carriages having been declared as ordinary automobiles, and not engines of war, which was true. The Germans, moreover, profited by their indiscretion, and the construction of the armored cars, the study of which had not cost them dearly, had to be carried out without delay.
Some time after the visit to Puteaux and described above, two C.G.V armored cars were summoned to follow the maneuvers of the Sarthe. They were assigned to the artillery service, while they were destined for the reconnaissances service, which was why I had designed them. The future proved that my friends and I were right.
The first car of war was exhibited at the salon of 1905, where it had a great success of curiosity. Only one Chinese mission was sent to the CGV.
The two cars built for France were stored in a hangar for eight years. It took war to get them out ... "


Discussion:

  • Fernand Charron, director of the C.G.V took the initiative to contact the Russian General Staff in Manchuria (not the Ministry of War) to offer these cars. The request does not come from the Russian side.
  • The latter then despatches Prince Nakashidze to negotiate.
  • Mr Charron does not know the prince because of the description he makes of it, so it can not be said that the prince was already working for C.G.V.
  • There is a meeting in Moscow where a discussion of the plans between the two parties and according to some Russian requests helps to determine the concept of the car.
  • A six-car contract is signed including TWO WITHOUT TURRET (to my knowledge this is the first time I see this information). This is reminiscent of the photo of the German models, which suggests that Germany bought a model with and model without a turret
  • The model is released four months later (in fact on February 10, 1906) which places the Moscow meeting in October 1905 (in another newspaper Fernand Charron gives the date of September 4, 1905).
  • Many Russian sites say that the prince passed these agreements of himself without the consent of the highest authorities. It must be remembered that Mr. Charron contacted the general commanding the armies of Manchuria, that he received a reply from Manchuria, and that he met an officer with the full powers of the general commanding the armies of Manchuria, without agreement of the country's highest defense authorities.This may also explain the future attitude of these authorities to the purchase of the six vehicles.
  • Finally, there was confirmation of the German incident, but from what we understand, there were six cars sent, four of which arrived, the two seized by the German authorities are returned and sent to Russia. So it seems that Russia received the prototype in March 1906 and then the six (four plus the two seized by the Germans) on what date? That will be refused by the Russian customs. This does not invalidate that two cars were later bought by Germany for testing purposes as was practiced by France for the Daimler 1905, even if there was no purchase.
  • Mr Charron talks about two cars built for France? (That would explain the assembly pictures of February 1906 which shows a car with the number 8 - six for Russia and two for France?) that will do the maneuvers of the Sarthe with the 4th corps in autumn 1906. These tests consist to shoot at an infantry company and then on a squadron of dragons without warning from either side. The military authorities do not seem to be enthusiastic about the result. It must be remembered that there is a controversy not about the usefulness of a vehicle carrying a weapon but about the usefulness of placing armor on it or not. In other words, is it necessary to build Charron 1902 or Charron 1906.




lundi 17 avril 2017

histoire des auto-mitrailleuses de l'empire Russe

Histoire des auto-mitrailleuses de l'empire russe

History of armored cars of the Russian Empire



Avertissement: ce sujet est une synthèse de nombreux sites internet. Il sera mis à jour au fur et à mesure par l'ajout de véhicules et de leur histoire.

Warning: this topic is a synthesis of many websites. It will be updated as vehicles and their history will be added.



Contexte historique :

A la fin des années 1910, il paraissait évident que la motorisation des armées était inéluctable. En Russie, le problème était complexe et urgent en raison du sous-développement de l'industrie automobile locale.
Comme ailleurs, l'administration militaire ne faisait traditionnellement pas confiance aux nouvelles technologies. En Russie, elle se reposait sur le chemin de fer et le charroi, le réseau routier russe étant quasi inexistant et les conditions climatiques extrèmes. Dans le même temps, La défaite contre le Japon, la crise économique et les troubles de 1906-1907 réclamaient des dépenses dans d'autres domaines. Malgré tout, l'administration militaire regardait avec attention la façon dont les pays étrangers appréhendaient le problème, testait différents moteurs, modèles (charron par exemple), avec l'idée que cela pouvait apporter de rapides bénéfices au prix de faibles couts.
A partir de 1906, la politique douanière improductive conduite par la Russie, avait conduit à imposer fortement l'importation de pièces détachées, ainsi que les machines pour leur production. Cela avait été fait dans le but de promouvoir l'industrie domestique mais en même temps, l'importation de véhicules complets était peu taxée.
Le résultat était donc une prédominance de véhicules étrangers, principalement Allemands, avec une réduction des véhicules russes. Ainsi, au début de la première guerre mondiale, la situation était devenue critique avec un manque chronique de pièces de rechange qui rendait les véhicules impropres à un usage militaire.
Pourtant l'armée russe contribua en même temps au développement de l'industrie automobile locale en plaçant sans cesse des ordres d'achat auprès d'entreprises russes. L'incapacité des firme locales à fournir l'armée selon ses besoins était due surtout à leur faible niveau technologique.
La motorisation de l'armée fit partie intégrante de la réorganisation de l'armée impériale. En 1909, le ministère de la guerre créa une branche automobile dont le rôle était de fournir des équipements pour cette motorisation. Il faut préciser qu'on ne parle ici que de camions et de voitures de tourisme rattachés administrativement au bataillon de chemin de fer.
Dans le budget de l'année1910, le trésor alloua 245000 roubles puis 14000 de plus pour le transport de troupes par véhicules. Durant la troisième exposition internationale automobile de St Pétersbourg du 15 au 27 mai 1910, un nouveau constructeur russe émergea avec l'entreprise Russo-Baltique située à Riga (Lettonie) alors dans l'Empire Russe, à l'origine constructrice de wagons de chemin de fer. Cette firme allait par la suite jouer un rôle significatif dans la motorisation de l'armée russe.
Finalement, le 16 mai 1910, un ordre fut donné pour la création de la première compagnie automobile (renommée deux ans plus tard première compagnie automobile militaire) sous le commandement du capitaine Piotr Ivanovitch Sekretev qui jouera plus tard un rôle important dans la première compagnie d'automobiles mitrailleuses.
En juillet 1911, des tests furent menés avec succès pour l'utilisation de camions de transport militaire. L'utilité de ces machines fut démontrée mais aussi l'endurance des différentes pièces détachées fut testée. Durant l'automne 1912, de nouveaux tests furent menés. La commission avait acquis 354 camions et 42 voitures. Ces vehicules furent attribués à la compagnie automobile du bataillon de chemin de fer.
Ces tests permirent d'accumuler de l'expérience dans le domaine de la motorisation de l'armée mais ils permirent aussi aux décideurs de définir une nomenclature, les types de véhicules ainsi que leur nombre à utiliser de façon optimale. Il devint aussi évident que l'armée avait besoin de véhicules universels mais aussi de véhicules spécialisés.
L'usage d'un type nouveau de troupes réclamait aussi la mise en place d'une théorie. Les créateurs de cette théorie ainsi que du combat motorisé furent le professeur à l'académie de l'état major général V.G. Boldyreva, avec ses cours sur « l'automobile et son usage tactique », le capitaine V.O. Kapel avec son livre « l'usage de l'automobile dans l'armée  , le Colonel Vladimir Aleksandrovich Zlatolinsky avec son livre « l'automobile et les autres types de mécanisation appliqués à l'usage militaire », qui étudièrent la mécanisation non seulement en terme de mobilité et de traction de différentes armes mais aussi en terme de véhicule de combat.
Le résultat de tout cela sera la création de la 1ere compagnie d'auto-mitrailleuses.


Historical Background :

By the end of the 1910s, it became clear that the the motorization of armies was inevitable. In Russia, the problem was complex and urgent because of the underdevelopment of the local automotive industry.
As elsewhere, the military administration traditionally did not trust new technologies. In Russia, it was relying on the railway and the cartage, the Russian road network being almost non-existent and the climatic conditions extreme.
At the same time, the defeat against Japan,the economic crisis and civil unrest of 1906 – 1907 claimed expenses for other important tasks. However, the military administration closely monitored the development of this problem abroad, performed tests of some types of mechanical engines, vehicles (charron for exemple), the use of which for military purposes, it seemed, had promised to bring quick benefits with low costs.
From1906 on, the Russian Empire unproductive customs policy conducted to high tax the import of spare parts, as well as machines for their production.This situation, according to the legislators, was decided to promote the development of domestic engineering. But at the same time the import of finished vehicles was low taxed.
The result was a predominance of foreign, primarily German, vehicles, while reducing the production of russian cars. As a result, at the beginning of the first world war, the automotive situation became critical: lack of spare parts for cars did not allowed to use them effectively in the armed forces.
However, the Russian army at the same time contributed to the development of the domestic automotive industry by constantly placing orders for motor vehicles with local companies. The inability of Russian industry to fully meet the army needs was due to their low technological level.
The military motorization was part of the reorganization of the Russian Imperial Army. In 1909 the Minister of War created an Automotive branch, whose role was to provide equipment for this motorization. It should be pointed out that we are talking here only of trucks and passenger cars administratively attached to the railway battalion.
In the budget for 1910, the Treasury allocated 245,000 rubles and then 14,0000 more for the transport of troops by vehicles. During the third International Automobile Exhibition from 15 to 27 may 1910, in St Petersburg a new Russian manufacturer emerged with the Russo-Baltic company located in Riga (Latvia), then in the Russian Empire, originally constructing railway wagons. This company later played a significant role in the motorization of the Russian army.
Finally, on 16 may 1910, an order was signed for the formation of the 1st company of automobile (two years later renamed the company of military and automobile) under command of captain Piotr Ivanovitch Sekretev, who later played a major role in the formation of the 1st automobile machine-gun company.
In July 1911, successfull tests were carried out for the use of military trucks. The utility of these machines was demonstrated, but the endurance of individual components and assemblies was also tested. During autumn 1912, a second test was conducted. The Commission had acquired 354 trucks and 42 passenger cars. These vehicles were assigned to the newly formed car company at the railway battalion.
These tests provided a wealth of experience in the motorization of the army and allowed the military leadership to formulate a clear understanding of the use of nomenclature, types and number of vehicles required. It became obvious that the army needs not only universal but also highly specialized vehicles.
The practice of using a new type of troops required a corresponding theory and regulatory. The creators of the theory and basics of combat use of vehicles are professor of General Staff Academy V.G. Boldyreva, with his 1911-1912 Academy lectures "The car and its tactical use", the captain V.O. Kapel with his "car service in the army", the Colonel Vladimir Aleksandrovich Zlatolinsky with his "The car and other types of mechanical traction as applied to military purposes", which studied the mechanization not only in terms of mobility and traction of different weapons but also in terms of combat vehicle.
The final result will be the creation of the 1st machine-gun armored car company









la 1ere compagnie d'auto-mitrailleuses :


Quelques jours après le début de la première guerre mondiale, en Prusse orientale, les Allemands utilisaient déjà des armes montées sur véhicules blindés improvisés. Cela est confirmé par une photo et par l'ordre n° 35 du général de cavalerie Zhilinsky, commandant du front nord-ouest, qui prescrit les consignes de combat contre ces véhicules blindés.
De leur côté, les Russes improvisent aussi. Le capitaine Bazhanov de la 25eme division d'infanterie,(à Iksterburge proche de Königsberg), arme un camion italien SPA avec deux mitrailleuses et des plaques de blindage récupérées sur des canons allemands.
Mais cela n'est qu'improvisation et sur le plan officiel, les choses bougent. Le 17 aout 1914, le ministre de la guerre V.A. Sukhomlinov ordonna au colonel du régiment de chasseurs de la garde impériale Alexander Nikolayevitch Dobrzhansky, de créer et de commander une « batterie d'auto-mitrailleuses », plus tard renommée compagnie.

Col. Alexander Nikolayevitch Dobrzhansky


La formation fut très rapide en tout juste un mois et demi. La transformation des véhicules civils fut menée dans les usines Izhora (Izhorski) à Kolpino sous la supervision du colonel Dobrzhansky lui-même et de l'ingénieur A.Y. Grauen.
La compagnie fut formée au départ de :
Quatre sections de deux soit huit auto-mitrailleuses nommées Russo-Balt type C sur chassis de la voiture de tourisme russo-balt C24/40, elles étaient armées de trois mitrailleuses 7,62 mm maxim.
Une section d'auto-canons avec un auto-canon sur chassis allemand de 4t. Mannesmann-Mulag, armé d'un canon de marine français Hotchkiss de 47 mm et de deux mitrailleuses maxim. Deux auto-canons sur chassis allemand Benz et anglais Alldays armés d'un canon automatique de 37 mm maxim nordenfelt non blindés par manque de temps.
Des véhicules de soutien : 17 voitures, sept camions, une ambulance, une voiture de reconnaissance et 14 motos.


Les leçons tirées des premiers combats amenèrent une réorganisation et un renforcement de la compagnie. En décembre 1914, les auto-mitrailleuses russo-balt furent envoyées à l'atelier de Varsovie pour renforcer leur chassis et les suspensions. Deux autres auto-canons Mannesmann-Mulag (mais sur chassis 3t., armés d'un canon automatique de 37 mm maxim nordenfelt ) et deux auto-canons sur chassis 3t. américain Packard (armés d'un canon automatique de 37 mm maxim nordenfelt et d'une mitrailleuse maxim) furent construit à l'usine Izhora durant l'hiver.


Les nouveaux véhicules arrivèrent le 22 mars 1915. La compagnie fut donc réorganisée avec quatre sections à deux auto-mitrailleuses et un auto-canon chacune. Le premier auto-canon Mannesmann Mulag avait été détruit dans les combats le 12 février 1915.


Section n° véhicules numéro Numéro moteur Numéro chassis
1 Russo-Balt type C
Russo-Balt type C
Mannesmann-Mulag
n°1
n°2
n°10
n°530
n°533
n°2003
n°1530
n°1533
?
2 Russo-Balt type C
Russo-Balt type C
Packard
n°3
n°4
n°20
n°542
n°538
?
n°1542
n°1538
?
3 Russo-Balt type C
Russo-Balt type C
Packard
n°5
n°6
n°30
n°534
n°535
?
n°1534
n°1535
?
4 Russo-Balt type C
Russo-Balt type C
Mannesmann-Mulag
n°7
n°8
n°40
n°539
?
n°1878


n°1539
?
?

La compagnie fut inspectée par le Tsar le 12 octobre 1914 à Tsarskoïe Selo (il existe plusieurs photos de cet événement),



l'Empereur Nicolas II passe en revue la 1ere compagnie le 12/10/1914



parade avant le départ pour le front place Semenov le 19/10/1914 - Russo-Balt type C et Mannesmann-Mulag




parade avant le départ pour le front place Semenov le 19/10/1914 - Russo-Balt type C


colonne de la 1ere compagnie en marche - 1915


Russo-Balt type C en panne tractée - Avril 1915


La compagnie partit pour le front le 19 octobre 1914 sous les ordres de la 2° armée. Son baptème du feu intervint le 9 et 10 novembre 1914 dans la région de Lodz avec une terrible efficacité. La compagnie allait ensuite combattre pour couvrir la retraite de la 2° armée. En décembre 1914, elle couvre la retraite du 6° corps à Lovech.La compagnie combattit quasiment sans répit (excepté un repos de trois mois entre septembre et novembre 1915 pour réparation des véhicules). En septembre 1916, elle fut intégrée à la 1ère division blindée puis suite à des rumeurs de débarquement allemand elle fut envoyée en Finlande à la disposition du 42° corps jusqu'à l'été 1917. Elle fut ensuite ramenée à st Petersbourg suite aux troubles révolutionnaires et en octobre 1917, quelques jours avant la révolution, elle fut envoyée à Dvinsk (Daugavpils, Lettonie) dans le but de ralentir l'offensive allemande. Après la désorganisation de l'armée suite à la révolution, les troupes et matériels de la 1ère division blindée se rendirent aux troupes allemandes au printemps 1918. On retrouvera dailleurs les Packard dans les rues de Berlin en mars 1919. D'autres véhicules se retrouveront dans les mains de l'armée rouge pendant la guerre civile russe.



The first automobile machine-gun company :




A few days after the beginning of the First World War, in East Prussia, the Germans already used weapons mounted on improvised armored vehicles. This is confirmed by a photo and order No. 35 of cavalry general Zhilinsky, commander of the northwest front, who prescribes the instructions to combat these armored vehicles.

For their part, the Russians also improvised. Captain Bazhanov of the 25th Infantry Division, in Iksterburge near Königsberg, armed an Italian SPA truck with two machine guns and armor plates recovered from German guns.
But this is just improvisation and on the official plan, things are moving. On August 17, 1914, War Minister V.A. Sukhomlinov ordered the colonel of the life Guard chasseur regiment Alexander Nikolayevich Dobrzhansky to create and command a "machine-gun armored car battery ", later renamed company.
The creation was very fast in just a month and a half. The transformation of civilian vehicles was carried out in the Izhora (Izhorski) factories in Kolpino under the supervision of Colonel Dobrzhansky himself and the engineer A. Y. Grauen.
The company was formed from:
Four sections of two so eight armored cars called Russo-Balt type C on the chassis of the Russo-Balt C24 / 40 passenger car, armed with three 7.62 mm maxim machine guns.
A section of auto-guns with an auto-gun on German chassis of 4t. Mannesmann-Mulag, armed with a 47mm French Hotchkiss naval gun and two maxim machine guns. Two auto-guns on German chassis Benz and English Alldays armed with a 37mm maxim nordenfelt automatic gun unarmored due to lack of time.
Support vehicles: 17 cars, seven trucks, an ambulance, a reconnaissance car and 14 motorcycles.



The lessons learned from the first battles led to a reorganization and strengthening of the company. In December 1914, the Russo-Balt armored cars were sent to the Warsaw workshop to reinforce their chassis and suspensions. Two other Mannesmann-Mulag auto-guns (but on a 3t chassis, armed with a 37mm maxim nordenfelt automatic gun) and two auto-guns on 3t chassis. (Equipped with a 37mm maxim nordenfelt automatic gun and a maxim machine gun) were built at the Izhora factory during the winter.




The new vehicles arrived on March 22, 1915. The company was then reorganized with four sections with two armored cars and one auto-gun each. The first Mannesmann Mulag auto-gun had been destroyed in the fighting on 12 February 1915.



platoon n° vehicles number Engine number Chassis number
1 Russo-Balt type C
Russo-Balt type C
Mannesmann-Mulag
n°1
n°2
n°10
n°530
n°533
n°2003
n°1530
n°1533
?
2 Russo-Balt type C
Russo-Balt type C
Packard
n°3
n°4
n°20
n°542
n°538
?
n°1542
n°1538
?
3 Russo-Balt type C
Russo-Balt type C
Packard
n°5
n°6
n°30
n°534
n°535
?
n°1534
n°1535
?
4 Russo-Balt type C
Russo-Balt type C
Mannesmann-Mulag
n°7
n°8
n°40
n°539
?
n°1878


n°1539
?
?




The company was inspected by the Tsar on 12 October 1914 in Tsarskoye Selo (there are several pictures of this event), and went to the front on 19 October 1914 under command of the 2nd Army. His baptism of fire happened on 9 and 10 November 1914 in the region of Lodz with a terrible efficiency. The company was then to fight to cover the retreat of the 2nd Army. In December 1914 it covered the sixth corps retreat at Lovech. The company fought almost without rest (except for a three-month rest between September and November 1915 for vehicle repair). In September 1916 it was integrated into the 1st Armored Division and then, following rumors of German landings, it was sent to Finland at the disposal of the 42nd corps until the summer of 1917. It was then brought back to St Petersburg following the unrest and in October 1917, a few days before the revolution, it was sent to Dvinsk (Daugavpils, Latvia) in order to slow down the German offensive. After the disorganization of the army following the revolution, the troops and equipment of the 1st Armored Division surrendered to the German troops in the spring of 1918. The Packards were found in the streets of Berlin in March 1919. Other vehicles will find themselves In the hands of the Red Army during the Russian Civil War.